Colloque international sur les défis énergétiques dans l'espace euro-méditerranéen

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dimanche 22 février 2015
dimanche 30 novembre 2014
Réchauffement climatique : le Maroc plus que jamais concerné !
dimanche 23 novembre 2014
Les oasis du Maroc en danger
Les oasis sont en danger, c’est un fait. Et même si les transformations économiques et sociales continuent d’aggraver le phénomène, aucune mesure n’a réellement été prise en dépit des nombreuses études et recommandations. Un tel laisser-aller risque de conduire ces havres, autrefois réputés de paix et de prospérité, à un état de désolation et de dégradation avancé, bouleversant ainsi tout un écosystème pourtant fertile et lucratif.
L’Aménagement du territoire en fait aujourd’hui sa cause et une priorité nationale. Dans une étude spécialement consacrée aux oasis, ce département érige une véritable stratégie de développement qui, si elle était appliquée dans les règles de l’art, permettrait de sauver ce patrimoine. Aussi, la réussite du programme d’aménagement et de réhabilitation des oasis s’inscrit dans une optique de développement durable, est-il indiqué dans le document.
La réhabilitation des oasis est une préoccupation axée principalement sur la problématique de l’eau. En effet, l’eau devient de plus en plus rare. Les raisons sont multiples: sécheresse, augmentation des besoins, pompage abusif des nappes au-delà de la capacité du milieu. La pénurie des ressources hydrauliques est ainsi un enjeu majeur pour les espaces oasiens qui connaissent un déséquilibre entre l’accroissement de la population et les ressources en raison de l’absence d’un ajustement entre la capacité du milieu et le peuplement. Ce stress hydrique a pour conséquence l’affaiblissement des arbres et la prolifération du bayoud, maladie qui détruit les palmiers dattiers. Les auteurs de l’étude reviennent aussi sur les multiples causes qui sont à l’origine de cette débâcle. Et c’est le système traditionnel d’appropriation et de distribution de l’eau qui est principalement mis en cause. Il met en place, selon les enquêteurs, des situations de rente inacceptables qui neutralisent toute possibilité d’amélioration culturale. Et les 2% d’espaces cultivés sont malmenés par le sur-pompage des nappes. Et cerise sur le gâteau, les prélèvements effectués par les nouvelles exploitations installées en périphérie des palmeraies se font au détriment de la palmeraie. Les comportements traditionnels y résistent plus fortement qu’ailleurs. Tous les facteurs jouent dans ce sens: forte ruralité, analphabétisme féminin élevé, carence des équipements en tout genre, relève l’étude réalisée par le département de l’Aménagement du territoire.
En revanche, note avec satisfaction le rapport, la part des transferts des RME représente environ 60% des revenus monétaires. Cet apport financier régulier est donc la principale base économique. Parmi les actions stratégiques proposées pour redresser la situation, la reconversion progressive de l’agriculture oasienne par l’agriculture paysagère et le développement de l’agriculture bio. Il s’agit aussi de veiller à l’économie de l’eau en inversant la posture par la dotation selon la demande et selon les vocations de chaque bassin. Il faudrait aussi veiller à la réduction de la pression démographique au niveau de la palmeraie par la consolidation des centres, en termes de services publics et de services d’intérêt économique général, pour qu’ils assurent un emploi de proximité et deviennent des lieux de production de valeur ajoutée. La coopération internationale doit aussi être mobilisée pour la sauvegarde des écosystèmes et la préservation de la biodiversité de ce cachet architectural et patrimoine local. Enfin, la mise en place des conditions de promotion d’un tourisme oasien pourrait contribuer à les faire émerger en tant que niche potentielle.
Cohérence horizontale
Pour ce qui est des mesures institutionnelles d’accompagnement, l’étude conseille de renforcer la cohérence horizontale des programmes de développement en agissant au niveau des sous-bassins. D’autre part, il faut mener de pair une planification socio-économique et un aménagement du territoire en instaurant de nouveaux outils de planification (contrats-plans et contrats-programmes). Pour rappel, les espaces oasiens correspondent aux bassins versants du Ziz-Gheriss et du Draâ de même que les régions intermédiaires. En tout, quelque 8 millions d’hectares constituent la plupart des oasis du pays, soit près de 90% du patrimoine phoénicicole.
Fatiha Nakhli
Article de l’édition N° 3850 du 2012/08/22 Economiste.com
dimanche 6 juillet 2014
L'Appel des Oasis
“L’appel des oasis"
Estimant qu’elles paient un tribut injuste à un mode de développement arbitraire qui les condamne, les oasis refusent de mourir et lancent un appel au monde pour une mise en œuvre effective du développement durable. RADDO (Sommet Mondial du Développement Durable à Johannesburg, 2002)”
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Le RADDO
Réseau Associatif de Développement Durable des Oasis
Présentation
Le RADDO (Réseau Associatif de Développement Durable des Oasis) né en novembre 2001 est un réseau d'associations actives au Maghreb pour la sauvegarde des Oasis et pour la promotion du développement durable en milieu oasien. La création du RADDO répondait, en effet, à un cri lancé par les oasiens d'Afrique, soucieux d'enrayer le déclin que ne cessent de subir les oasis. Un ensemble de bouleversements et de mutations socioculturelles ont engendré un dysfonctionnement de ces écosystèmes particuliers et très riches, menaçant leur existence et leur patrimoine social et culturel de grande valeur.
Historique
C'est en juin 2000 et à l'initiative du CARI et du CCFD, suite à un travail au préalable du CARI pour la sauvegarde de l'Oasis de Chénini dans les années 93/94 qui a notamment donné naissance à l'ASOC (Association de Sauvegarde de l'Oasis de Chénini), que les associations oasiennes se sont rencontrées à Chénini Gabès en Tunisie. Lors de cette rencontre ont été posées les bases d'un réseau entre les oasiens de Tunisie, d'Algérie, du Maroc, de Mauritanie et des associations de France menant des actions de développement durable. Une réflexion approfondie a été menée sur l'organisation des oasiens en réseau, ce qui permettrait l'expression de leur plaidoyer et la pérennisation de la dynamique engagée. Ainsi, en novembre 2000, le Forum Civil Euromed de Marseille, qui réunissait la plupart des oasiens, fut l'occasion de présenter cette dynamique des oasis mais également de contribuer à l'enrichissement du forum par les recommandations issues de l'atelier oasien.
Ces différents échanges entre oasiens et associations ont relevé une triple nécessité :
- un lieu de capitalisation des savoir-faire pour les échanger,
- une coordination entre les intervenants oasiens,
- l'inscription dans la durée des actions de développement.
De plus, dans le cadre du renforcement de la dynamique oasienne par les échanges d'expériences dont l'effet de synergie est indéniable, une rencontre maghrébine des associations de développement durable a été organisée à Beni Isguen en Algérie du 31 octobre au 3 novembre 2001. Réunissant une quinzaine d'associations dont deux européennes travaillant dans le développement durable et la sauvegarde des oasis, le RADDO a pris réellement forme, et les ONG participantes ont décidé d'engager des actions concrètes visant la sauvegarde des oasis et la promotion du développement durable dans la région du Maghreb.
En 2002, une rencontre à eu lieu au Maroc à Goulmim dans le but de poursuivre et finaliser un programme d'actions concrètes oasiennes et de préparer la participation du RADDO au Sommet Mondial du Développement Durable à Johannesburg. Dans ce cadre a été rédigé la déclaration des Oasis pour qu'elle soit distribué lors du Sommet afin de faire entendre la voix des Oasis. Cette déclaration est disponible en français et en anglais.
Objectifs
Fonctionnement
Le RADDO repose sur un Comité de Suivi Permanent (CSP) composé de 4 points focaux pays qui ont un rôle d'animation, de collecte et de diffusion de l'information relative aux actions de sauvegarde des oasis dans chaque pays. Ces points focaux sont mandatés pour 4 ans et actuellement ce sont :
- Algérie : Association Pour l'Environnement de Beni Isguen (APEB)
- Maroc : Oasis Verte
- Mauritanie : Tenmiya
- Tunisie : Association de Sauvegarde de l'Oasis de Chenini (ASOC)
et des partenaires (facilitateurs) français :
- CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) : c'est une association ayant 2 domaines d'actions, le financement des actions de développement et l'éducation au développement -
- CARI (Centre d'Actions et de Réalisations Internationales - également Antenne Méditerranée du pS-Eau) : c'est une association de solidarité internationale ayant pour compétence l'Agroécologie et la lutte contre la désertification -
Le Programme d'Actions Concertées des Oasis (PACO)
Le Programme d'Actions Concertées des Oasis au Maghreb (PACO) est le premier projet du Réseau Associatif de Développement Durable des Oasis (RADDO) . Il est issu de l'atelier préparatoire au Sommet Mondial de Johannesburg qui c'est tenu à Guelmin et Thajhit au Maroc du 15 au 19 juin 2002 et dont il constitue l'un des produits. Il s'agit d'un programme multi-acteurs associatifs oasiens et prévu pour une durée de trois ans.
Les objectifs du PACO sont :
- Le renforcement et la qualification du milieu associatif oasien de façon à consolider ses compétences techniques, institutionnelles et financières pour agir sur le développement local dans les oasis,
- La communication entre oasiens et vers l'extérieur afin d'échanger l'expérience et le savoir-faire,
- L'accès aux droits et le soutien au désenclavement (territorial, social, institutionnel...) des oasiens,
- L'ouverture du milieu associatif oasien aux autres acteurs sociaux et politico-institutionnels du développement durable,
- L'appui à la formation, appui institutionnel, renforcement de la concertation entre les associations et les universités.
Ce programme d'actions est composé de 4 volets thématiques et d'un volet transversal qui consiste à alimenter le réseau en information et capitalisation (atelier d'échange d'expérience, site Internet, bulletin d'information, évaluation.) pour valoriser et faire vivre celui-ci.
Les volets thématiques sont :
- L'amélioration de la production de semences adaptées aux milieux oasiens : création d'une parcelle de démonstration, rétablir la production de semences locales non hybrides, mise en place de programme de sensibilisation.,
- L'appropriation et la diffusion des innovations dans le domaine du traitement et conservation des dattes : mise en place de session de formation sur les techniques de récolte et de transport, sensibilisation des agriculteurs, échange d'expérience .,
- Le développement des pratiques et des techniques de gestion économe de l'eau dans le milieu oasien : amélioration des techniques culturales et économie de l'eau (amélioration du système d'irrigation, installation de pompe solaire.), amélioration des structures d'organisation notamment par la formation.,
- La formation à une agriculture motivante pour les jeunes, et plus en phase avec l'environnement et le concept d' « agro-écologie » y compris une approche labellisée : création d'un centre de formation à l'agroécologie, formation de formateurs, formation des fellahs, développement d'un label oasis..
Le PACO est aujourd'hui en recherche de financement pour sa mise en ouvre.
Contacts :
• Patrice BURGER, responsable du programme
• Christophe BROSSE, chargé de mission
Tél. : 04 67 55 61 18
Fax : 04 67 55 74 37
E-mail : med@pseau.org
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