dimanche 27 juillet 2014

SAUVEGARDE ET VALORISATION DES OASIS DU SUD MAROCAIN - COMPOSANTE TAFILALET

SAUVEGARDE ET VALORISATION DES OASIS DU SUD MAROCAIN - COMPOSANTE TAFILALET

  • Pays d'intervention

    Maroc
  • Contexte

    La vaste plaine subdésertique du Tafilalet se situe dans la région présaharienne du sud-est du Maroc, en pleine zone aride. De nombreuses oasis s’y trouvent dont le rôle écologique, outre l’effet microclimatique, concerne aussi le maintien d’une biodiversité d’importance patrimoniale par deux aspects : sa forte spécialisation due à l’effet d’isolement et sa composante migratrice.
    Suite à des crues dévastatrices dans les années 60, de nombreux aménagements hydrauliques ont été installés. Ils permettent désormais que la majorité des eaux de surface soient mobilisées au profit des habitants tandis que les eaux souterraines sont surexploitées pour satisfaire les besoins de l’agriculture.
    Aujourd’hui, le patrimoine oasien est fortement détérioré par l’exploitation irrationnelle de la ressource en eau, ressource de plus en plus sollicitée par des populations en croissance et des pratiques culturales inadaptées. Cette situation préfigure une accélération considérable des effets de désertification avec la dégradation, la perte puis l’abandon d’oasis entiers, dont le rôle social, écologique et économique était majeur pour la région, barrière végétale et microclimatique naturelle contre l’avancée du désert.
    De plus, la disparition progressive des conditions favorables à l’exploitation agricole des oasis a entraîné une paupérisation et un exode rural devenus aujourd’hui très problématiques. Plus de la moitié des palmeraies sont concernées par l’abandon des terres.
    Conscient du problème, le gouvernement marocain a effectué un diagnostic, élaboré une stratégie et un plan d’action, à la suite desquels se situe cette proposition de projet. Un triple défi doit être relevé, à la fois humain avec la survie d’une population considérable, écologique avec la lutte contre l’avancée du désert, et culturel avec la disparition d’un patrimoine et d’une mémoire constitutifs de l’histoire du pays.

  • Objectifs du projet

    L’objectif global du projet est de sauvegarder les oasis du sud marocain afin de lutter contre la désertification et la pauvreté dans tous les territoires de la région.
    Trois objectifs spécifiques sont définis :
    • Maintenir un système d’exploitation viable et écologique en restaurant l’écosystème oasien
    • Favoriser une démarche territoire oasienne valorisante
    • Appuyer les réformes de la politique publique vis-à-vis du contexte oasien
  • Descriptif du projet

    Le projet s’articule autour de trois échelles de réalisation : 
    1. Au niveau de la parcelle oasienne elle-même afin d’y apporter les éléments et les techniques nécessaires à une agriculture écologique et à une gestion de l’eau qui puissent permettre le maintien des populations humaines et de la productivité de l’agrosystème ;
    2. Au niveau de la région du Tafilalet, pour que l’engagement en faveur des oasis puisse se concrétiser à travers une démarche territoriale qui redonne un sens, une identité et surtout une valeur à cet espace, avec la création d’un « Pays des Oasis du Tafilalet » ;
    3. Au niveau de la nation, afin que les efforts consentis dans les zones marginales du pays pour assurer la sauvegarde du patrimoine oasien soient soutenus et pris en compte au niveau des textes réglementaires et législatifs.
    Cette démarche à trois niveaux privilégie des axes d’intervention regroupant les opérations suivantes :
    • Protection des ressources : économiser l’eau, restaurer la qualité des sols, réhabiliter l’écosystème oasien, sa stratification et sa biodiversité, lutter contre l’ensablement et l’érosion, assainir et lutter contre les pollutions, favoriser les énergies alternatives ;
    • Réhabilitation de la productivité : développer l’agroécologie et renforcer l’élevage, rechercher de nouvelles productions, renforcer les collectivités locales, soutenir le travail féminin ;
    • Valoriser l’oasis : proposer un processus « Pays », engager des démarches qualités, sélectionner des produits et créer des filières labellisées, développer un axe tourisme durable « oasien » au Maroc, favoriser une promotion internationale.
       
  • Impacts

    Ce projet soutenu par le FFEM contribue au développement local, économique et social du Maroc. En effet, les oasis concernent plus de deux millions de Marocains et une part importante de l’économie du sud du pays. En leur redonnant vie et en prouvant qu’il est possible d’y maintenir une activité économique rémunératrice, ce projet participe donc directement à l’amélioration des conditions sociales des populations.
    De plus, les oasis sont des écosystèmes uniques du milieu péri-saharien et à ce titre représentent un patrimoine inestimable. Leur sauvegarde contribue à la lutte contre la désertification et à la préservation d’un capital biologique d’intérêt majeur au plan mondial.
    Outre son caractère innovant due à l’introduction d’une agriculture oasienne écologique et d’une démarche « pays », ce projet est exemplaire par la mise en place d’une concertation locale entre tous les acteurs du développement. Ainsi, il pourra être reproduit à une plus grande échelle.
     
  • Dates et montants

    Ce projet a démarré en septembre 2007 pour une durée de 5 ans.
    La subvention du FFEM s’élève à 1 500 000 €.
    Le montant total des engagements pour financer le projet s’élève à 5 254 500 €.
    Bailleurs
    Montant (€)
    Pourcentage
    Etat marocain
    2 588 800
    49%
    FFEM
    1 500 000
    28,5%
    Monaco
    503 700
    9,5%
    Autres
    362 000
    7%
    PNUD
    300 000
    6%
    TOTAL
    5 254 500 €
    100%

  • Partenaires

    Logo PNUD
    Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

    Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) est le réseau mondial de développement des Nations Unies. Il prône le changement et relie les pays aux connaissances, expériences et ressources nécessaires pour améliorer la vie de leurs citoyens. Présent sur le terrain dans 172 pays, ce programme aide les gouvernements et les populations à identifier leurs propres solutions aux défis nationaux et mondiaux du développement. www.undp.org

dimanche 20 juillet 2014

Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires


Archivage, analyse et amélioration du savoir-faire traditionnel des oasis:
 Préparation du jus de dattes .

Hasnaâ HARRAK IAA, Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II juillet, 2007

 Résumé
Les oasis marocaines sont réputées pour le savoir-faire ingénieux de leurs habitants en matière de gestion et de préservation des ressources naturelles. La datte, principal produit vital des oasis dont la population dépasse les deux millions d'habitants, bénéficie amplement de cette ingéniosité. Toutefois, ce savoir-faire local connaît, de nos jours, une régression et un manque de valorisation. Pour susciter un regain d’intérêt, ce travail a pour objectif de faire un archivage et une analyse du savoir-faire traditionnel de valorisation des dattes et de contribuer à l'évaluation du procédé traditionnel de préparation du jus de dattes Tassabount et à son amélioration en vue de son adoption par des petites ou moyennes entreprises. La méthodologie du travail d’archivage et d’analyse des connaissances locales de valorisation des dattes s'est basée sur un diagnostic participatif auprès des ménages oasiens (vallée du Drâa). La démarche expérimentale adoptée pour la préparation du Tassabount, a consisté à fabriquer dans un premier temps, un produit modèle dont les différentes étapes de préparation sont testées de manière à choisir les paramètres physiques et physico-chimiques conditionnant la qualité. Dans un deuxième temps, un protocole expérimental de préparation du Tassabount, à l'échelle pilote, est mis au point. La variété Bousthammi noire, de faible valeur marchande, est choisie comme datte à valoriser par transformation en jus. Le diagnostic participatif a mis en évidence un patrimoine de pratiques ingénieuses en matière de valorisation traditionnelle des dattes. Ce savoir-faire, développé principalement par les femmes, est étroitement lié à la diversité génétique du palmier dattier (variétés et hybrides). En outre, les produits à base de dattes, qui sont décrits dans ce document, peuvent parfaitement être considérés comme "produits de terroir" et méritent largement des actions promotionnelles dans des programmes de valorisation. Parmi ces produits, le jus Tassabount est identifié comme produit prometteur à valoriser, en misant sur ses qualités organoleptiques et ses vertus thérapeutiques. Nous avons d'abord analysé le procédé familial de préparation du Tassabount, puis nous avons proposé des voies d’amélioration des pratiques de son élaboration et de sa stabilisation. La description des principaux phénomènes physico-chimiques, biochimiques et microbiologiques survenant au cours de la préparation de l’extrait aqueux des plantes aromatiques et médicinales utilisé dans la préparation du Tassabount a montré l’impact important de cet extrait aromatique sur les qualités sensorielles et fonctionnelles du jus. Notre matière première, la datte, a également fait objet, dans ce travail, d'une étude détaillée à travers la détermination de ses critères physiques, physico-chimiques et biochimiques. Les qualités nutritionnelle, organoleptique, technologique et commerciale des dattes de la variété Bousthammi noire ont été comparées à celles des principales variétés de dattes marocaines. Il en ressort que la variété Bousthammi noire est caractérisée par sa haute aptitude à la transformation. Des essais à l’échelle pilote sont réalisés en appliquant un procédé technologique calqué sur la démarche suivie par les femmes oasiennes, tout en adoptant un schéma amélioré de préparation à différents niveaux : préparation de l'extrait aqueux aromatique, malaxage, tamisage, pasteurisation et conditionnement. Le jus produit a une très bonne qualité microbiologique avec des critères physico-chimiques comme le Brix et les solides insolubles en suspension proches de ceux du Tassabount traditionnel produit au niveau de l’oasis. L'acidification du jus et la présence de composés d’arôme et des composés phénoliques à effets antimicrobiens, ont fourni une protection contre l’altération microbienne au cours du stockage. Une labellisation du Tassabount, en tant que produit de la Réserve de Biosphère des Oasis du Sud Marocain, pourrait être envisagée, apportant ainsi un supplément de valorisation. La préservation et la valorisation du savoir-faire indigène de préparation du jus Tassabount, permettront aux consommateurs de pouvoir redécouvrir une alimentation traditionnelle, localement génératrice de valeur ajoutée et considérée comme plus goûteuse et naturelle.

dimanche 13 juillet 2014

Les oasis du Drâa au Maroc


Les oasis du Drâa au Maroc

Rupture des équilibres environnementaux et stratégies migratoires

parMohamed Aït hamza
Géographe, directeur du Centre des études historiques et environnementales (CEHE) à l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), Rabat

Les oasis du Drâa au MarocRupture des équilibres environnementaux et stratégies migratoires

parMohamed Aït hamza
Géographe, directeur du Centre des études historiques et environnementales (CEHE) à l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), Rabat
etB. El faskaoui
Professeur de géographie, Université Moulay Ismail, Meknès, Marocet Alfons Fermin, chercheur à faculté des sciences sociales de l’Université Erasme de Rotterdam lors du projet EACH-FOR
Professeur de géographie, Université Moulay Ismail, Meknès, Marocet Alfons Fermin, chercheur à faculté des sciences sociales de l’Université Erasme de Rotterdam lors du projet EACH-FOR

Résumé

Français
La mobilité horizontale des populations est souvent conçue comme une réaction à des déséquilibres socio-économiques, spatiaux ou politiques. Mais la part des facteurs environnementaux reste à définir. Car les modifications de l’environnement suscitent tout autant le désir de partir que des stratégies inédites d’adaptation. Pour comprendre leur poids dans l’évolution du rapport entre un territoire et ses habitants, des investigations empiriques ont été menées dans la province de Zagora, au sud du Maroc. Aux confins sahariens du pays, enquête dans deux palmeraies de la vallée du Drâa : M’hamid et Ktaoua.

Plan de l'article
  1. La vallée du Drâa, un cadre socio-spatial contraignant
  2. Faiblesse des ressources et accroissement des besoins
  3. Le défi de l’eau au cœur de la survie d’un territoire
  4. La rupture des équilibres environnementaux
  5. Les mutations socio-spatiales
  6. La migration et l’environnement : quelle relation ?
  7. Des migrants qui vieillissent hors de chez eux
  8. Une stratégie d’attente chez ceux qui restent
  9. L’environnement oasien : perceptions croisées
  10. L’avenir des oasis, de l’agriculture au tourisme
  11. Conclusion

Pour citer cet article

Aït hamza Mohamed, El faskaoui B., « Les oasis du Drâa au Maroc », Hommes & Migrations 2/ 2010 (n° 1284), p. 56-69
URL : www.cairn.info/revue-hommes-et-migrations-2010-2-page-56.htm.


Source:Revue CAIRN.INFO'''' www.cairn.info

dimanche 6 juillet 2014

L'Appel des Oasis


“L’appel des oasis"
  Estimant qu’elles paient un tribut injuste à un mode de développement arbitraire qui les condamne, les oasis refusent de mourir et lancent un appel au monde pour une mise en œuvre effective du développement durable. RADDO (Sommet Mondial du Développement Durable à Johannesburg, 2002)”
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 Le RADDO 

Réseau Associatif de Développement Durable des Oasis

Présentation

Le RADDO (Réseau Associatif de Développement Durable des Oasis) né en novembre 2001 est un réseau d'associations actives au Maghreb pour la sauvegarde des Oasis et pour la promotion du développement durable en milieu oasien. La création du RADDO répondait, en effet, à un cri lancé par les oasiens d'Afrique, soucieux d'enrayer le déclin que ne cessent de subir les oasis. Un ensemble de bouleversements et de mutations socioculturelles ont engendré un dysfonctionnement de ces écosystèmes particuliers et très riches, menaçant leur existence et leur patrimoine social et culturel de grande valeur.

Historique

C'est en juin 2000 et à l'initiative du CARI et du CCFD, suite à un travail au préalable du CARI pour la sauvegarde de l'Oasis de Chénini dans les années 93/94 qui a notamment donné naissance à l'ASOC (Association de Sauvegarde de l'Oasis de Chénini), que les associations oasiennes se sont rencontrées à Chénini Gabès en Tunisie. Lors de cette rencontre ont été posées les bases d'un réseau entre les oasiens de Tunisie, d'Algérie, du Maroc, de Mauritanie et des associations de France menant des actions de développement durable. Une réflexion approfondie a été menée sur l'organisation des oasiens en réseau, ce qui permettrait l'expression de leur plaidoyer et la pérennisation de la dynamique engagée. Ainsi, en novembre 2000, le Forum Civil Euromed de Marseille, qui réunissait la plupart des oasiens, fut l'occasion de présenter cette dynamique des oasis mais également de contribuer à l'enrichissement du forum par les recommandations issues de l'atelier oasien.
Ces différents échanges entre oasiens et associations ont relevé une triple nécessité :
  • un lieu de capitalisation des savoir-faire pour les échanger,
  • une coordination entre les intervenants oasiens,
  • l'inscription dans la durée des actions de développement.
De plus, dans le cadre du renforcement de la dynamique oasienne par les échanges d'expériences dont l'effet de synergie est indéniable, une rencontre maghrébine des associations de développement durable a été organisée à Beni Isguen en Algérie du 31 octobre au 3 novembre 2001. Réunissant une quinzaine d'associations dont deux européennes travaillant dans le développement durable et la sauvegarde des oasis, le RADDO a pris réellement forme, et les ONG participantes ont décidé d'engager des actions concrètes visant la sauvegarde des oasis et la promotion du développement durable dans la région du Maghreb.
En 2002, une rencontre à eu lieu au Maroc à Goulmim dans le but de poursuivre et finaliser un programme d'actions concrètes oasiennes et de préparer la participation du RADDO au Sommet Mondial du Développement Durable à Johannesburg. Dans ce cadre a été rédigé la déclaration des Oasis pour qu'elle soit distribué lors du Sommet afin de faire entendre la voix des Oasis. Cette déclaration est disponible en français et en anglais.

Objectifs

S'appuyant sur son expérience et étant partie prenante des réalités locales et de savoir-faire en milieu oasien, le RADDO, se donne pour objectifs la promotion du développement durable, la sauvegarde et la réhabilitation des oasis comme patrimoine économique, écologique, culturel et social de l'humanité. Le RADDO vise également à structurer les ONG impliquées dans les oasis en vue de sensibiliser, créer un plaidoyer et agir collectivement pour la promotion d'un développement durable global et l'instauration d'un mieux être social.

Fonctionnement

Le RADDO repose sur un Comité de Suivi Permanent (CSP) composé de 4 points focaux pays qui ont un rôle d'animation, de collecte et de diffusion de l'information relative aux actions de sauvegarde des oasis dans chaque pays. Ces points focaux sont mandatés pour 4 ans et actuellement ce sont :
  • Algérie : Association Pour l'Environnement de Beni Isguen (APEB)
  • Maroc : Oasis Verte
  • Mauritanie : Tenmiya
  • Tunisie : Association de Sauvegarde de l'Oasis de Chenini (ASOC)
et des partenaires (facilitateurs) français :
  • CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) : c'est une association ayant 2 domaines d'actions, le financement des actions de développement et l'éducation au développement - 
  • CARI  (Centre d'Actions et de Réalisations Internationales - également Antenne Méditerranée du pS-Eau) : c'est une association de solidarité internationale ayant pour compétence l'Agroécologie et la lutte contre la désertification -

Le Programme d'Actions Concertées des Oasis (PACO)

Le Programme d'Actions Concertées des Oasis au Maghreb (PACO) est le premier projet du Réseau Associatif de Développement Durable des Oasis (RADDO) . Il est issu de l'atelier préparatoire au Sommet Mondial de Johannesburg qui c'est tenu à Guelmin et Thajhit au Maroc du 15 au 19 juin 2002 et dont il constitue l'un des produits. Il s'agit d'un programme multi-acteurs associatifs oasiens et prévu pour une durée de trois ans.
Les objectifs du PACO sont :

  • Le renforcement et la qualification du milieu associatif oasien de façon à consolider ses compétences techniques, institutionnelles et financières pour agir sur le développement local dans les oasis,
  • La communication entre oasiens et vers l'extérieur afin d'échanger l'expérience et le savoir-faire,
  • L'accès aux droits et le soutien au désenclavement (territorial, social, institutionnel...) des oasiens,
  • L'ouverture du milieu associatif oasien aux autres acteurs sociaux et politico-institutionnels du développement durable,
  • L'appui à la formation, appui institutionnel, renforcement de la concertation entre les associations et les universités. 
Ce programme d'actions est composé de 4 volets thématiques et d'un volet transversal qui consiste à alimenter le réseau en information et capitalisation (atelier d'échange d'expérience, site Internet, bulletin d'information, évaluation.) pour valoriser et faire vivre celui-ci.
Les volets thématiques sont :
  • L'amélioration de la production de semences adaptées aux milieux oasiens : création d'une parcelle de démonstration, rétablir la production de semences locales non hybrides, mise en place de programme de sensibilisation.,
  • L'appropriation et la diffusion des innovations dans le domaine du traitement et conservation des dattes : mise en place de session de formation sur les techniques de récolte et de transport, sensibilisation des agriculteurs, échange d'expérience .,
  • Le développement des pratiques et des techniques de gestion économe de l'eau dans le milieu oasien : amélioration des techniques culturales et économie de l'eau (amélioration du système d'irrigation, installation de pompe solaire.), amélioration des structures d'organisation notamment par la formation.,
  • La formation à une agriculture motivante pour les jeunes, et plus en phase avec l'environnement et le concept d' « agro-écologie » y compris une approche labellisée : création d'un centre de formation à l'agroécologie, formation de formateurs, formation des fellahs, développement d'un label oasis..

Le PACO est aujourd'hui en recherche de financement pour sa mise en ouvre.

Contacts :
• Patrice BURGER, responsable du programme 
• Christophe BROSSE, chargé de mission
Tél. : 04 67 55 61 18
E-mail : med@pseau.org 

samedi 28 juin 2014

 Les Oasis du Sud Marocain

Les Oasis du Maroc recèle, non seulement des trésors de biodiversité et de geodiversité, mais également une civilisation millénaire de l'aride qui possède encore un savoir-faire parfaitement en phase avec les normes, dites aujourd'hui, de développement durable. En effet, les systèmes de production oasiens ont permis aux populations locales de se maintenir, voire de s'épanouir, dans des milieux naturels extrêmement fragiles. Parmi les marqueurs les plus signifiants de la bonne santé oasienne, le palmier dattier est certainement l'élément structurant de l'espace, de la société, de la société e de la production des ressources, ainsi que le facteur majeur de l'adaptation a climat.

Le dattier contribue variablement à la formation des revenus agricoles pour un million d'habitants à hauteur de 20 à 60 %. Il constitue le support d'une activité commerciale importante entre le Sud et le Nord d pays et participe à la création de l'emploi et à la stabilisation des populations.

La production dattière de la zone de la RBOSM s'élève, en année normale, à prés de 90.000 tonnes, constituant ainsi l'essentiel de la production nationale.

En plus de la diversité génétique exceptionnelle du dattier régional, les cultures associées présentes une richesse biologique et économique des plus appréciables (amandier, céréales, luzerne, henné, rosier, autres plantes aromatiques et médicinales .)

La zone est également le berceau de la race ovine D'man, la plus prolifique de toutes, de la chèvre Dra, et du bovin  Tidili, qui contribuent notablement  à la satisfaction des besoins des populations en viandes rouges et en produits laitiers.

les systèmes de gestion traditionnelle des ressources vont de pair avec les structures sociales et culturelles basées sur une solidarité agissante dans l'élaboration des infrastructures et notamment pour l'exploitation et la mobilisation des ressources  en eau ( Khettaras).

Le patrimoine productif et le mode de vie, hautement adaptés, des oasis  sont néanmoins menacée de disparition sous l'effet des facteurs agressifs de l'environnement, autant physique que humain: succession de périodes sèches, maladie de bayoud, invasion  acridienne, extension du tissu urbain moderne et des activités corollaires, salinité des eaux et des sol, diverses formes de désertification...les 2/3 du patrimoine phoenicicole  ont été perdu au cours du 20ème siècle.

Une stratégie globale pour la sauvegarde s'est alors imposée. Elle a mobilisé des différents acteurs du développement régional, les services techniques, les universités et instituts de recherche ... et pris en compte l'opinion de tous les intéressés. la maîtrise d'ouvre et la supervision en ont été assurées par le Ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et des eaux  et Forêts, en partenariat scientifique et procédural  avec le Comité National Marocain du MAB.
SOURCE Centre d'Echange d'Information sur la Biodiversité du MAROC Convention sur la Diversité Biologique

dimanche 22 juin 2014



Les palmiers et oasis du Maroc en danger

Rédigé par  | Nom Jul, 08 2013

Havre de verdure et de paix, l'oasis est synonyme de destination exotique pour les touristes. Pour l'économie locale, c'est une richesse à sauvegarder. Depuis les années 1990, les palmeraies marocaines souffrent de sécheresses successives, auxquelles s'ajoutent divers fléaux. L'oasis, un milieu fragile Lieux d'étape des voyageurs, carrefours de routes commerciales, les oasis sont à la fois des agglomérations humaines et des zones cultivées. Situées à proximité de sources d'eau, elles ne sont pas naturelles mais résultent du travail de leurs habitants. Elles existent grâce à des systèmes d'irrigation et à un entretien continu. En hauteur se situent les palmiers, pourvoyeurs d'ombre et de fraîcheur. A mi-hauteur poussent des arbres fruitiers donnant agrumes, grenades, amandes, bananes, figues... Au sol sont cultivés des produits maraîchers, des céréales, des plantes fourragères et du henné. Au XXe siècle, les surfaces couvertes de palmeraies ont réduit de moitié au Maroc. L'équilibre fragile de ces écosystèmes est menacé de désertification, tant végétale qu'humaine (exode). Assèchement et ensablement Plusieurs phénomènes expliquent la désertification du sud marocain. La pression démographique (la population a presque triplé en 30 ans) a augmenté les besoins hydriques, faisant tarir les cours d'eau. Les nappes phréatiques, très sollicitées, se concentrent en sel ou deviennent trop alcalines. Les plantes et herbes se raréfient à cause de la sécheresse et du surpâturage. Les sols, déjà très arides, ne sont plus retenus par la présence de racines. S'ensuivent l'érosion éolienne et l'ensablement. Un barrage controversé Le barrage El Mansour Eddahbi, inauguré en 1972, alimente en eau la région de Ouarzazate. Il est également censé réguler le débit des plusieurs oueds, afin d'éviter les inondations dévastatrices. Mais en raison de sécheresses répétées, cette immense rétention d'eau signifie une pénurie pour les oasis de la vallée du Drâa, ne serait-ce que 100km en aval. Cet oued, le plus long du Maroc, rejoignait autrefois l'Océan Atlantique vers Tan-Tan, au Sahara Occidental. De nos jours, il se perd dans les sables à environ 50km au sud de Zagora. Les nomades de la région (Sahraouis) dénoncent la situation mais ne sont pas entendus. Beaucoup d'entre eux doivent se sédentariser ou s'exiler. Le bayoud, champignon ravageur Les dattiers subissent les attaques silencieuses d'un autre ennemi, le bayoud. Ce champignon (fusarium oxysporum albedinis) provoque une maladie appelée trachéomycose: le palmier réagit en bouchant ses vaisseaux contaminés, ce qui empêche la propagation des spores par la sève. Il meurt finalement de déshydratation. Des coupables supplémentaires viennent s'ajouter au bayoud, comme les cochenilles ou les acridiens. Les paysans brûlent les dattiers atteints, tuant ainsi maladies ou parasites. De jeunes pousses repartent depuis la base des arbres. Mais ces dispositions ne suffisent pas. La limitation ou l'éradication du bayoud passera probablement par le développement d'espèces de palmiers résistantes (Majhoul, Boufeggous, Nejda). Le trafic de palmiers Le palmier dattier (Phoenix Dactylifera) est apprécié comme arbre d'ornement. Il agrémente les jardins de riches particuliers et les bordures de grandes avenues, au Maroc comme en Europe. Dans le sud marocain, beaucoup de paysans, poussés par la pauvreté, on cédé aux sirènes des traficants de palmiers. Ils reçoivent environ 14€ pour chaque dattier adulte, que l'aquéreur final achète dix fois plus cher. En 2003, selon les estimations de l’association des Amis de l’environnement de Zagora, 40000 palmiers auraient été arrachés dans les oasis du Drâa. Seuls 10% survivent à leur transplantation. Leur trafic est interdit sans autorisation et passible de 900€ d'amende par plant. Mais la corruption a raison des lois. Les gendarmes ferment les yeux en échange de bakchiches et les pépiniéristes d'Agadir fournissent de faux certificats aux traficants. Suite à des dispositions fermes prises par le nouveau gouverneur de la province de Zagora, Ali Biougnach, les pilleurs se sont rabattus sur l'oasis de Skoura, plus au nord. Projets de sauvegarde et revalorisation Depuis le sommet de Rio (juin 1992), le Maroc a identifié un réseau national de 154 "Sites d'intéret biologique et écologique" (parc et réserves nationaux), permettant la préservation des aires concernées. En 1994, le pays a adhéré à la convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification, puis l’a ratifiée en 1996. En juin 2001, un Programme d’Action National de Lutte Contre la Désertification (PANLCD) a été adopté. Divers projets de reboisement et de mise en valeur voient le jour au Maroc, pas seulement pour les palmiers et leurs dattes, mais également pour les arganiers (dont est issue la fameuse huile d'argan). Une gestion raisonnée de l'eau, la replantation de palmiers grâce au développement de pépinières (phoeniculture) et la valorisation des dattes permettront peut-être d'enrayer le désastre, de même que la sensibilisation et la formation technique d'acteurs locaux.

dimanche 8 juin 2014

Pour un week-end prolongé à Zagora


Une heure était largement suffisante pour relier Rabat, la capitale, à l’une des plus belles palmeraies du pays. Du haut de cet engin géant, l’on appréciait les paysages, leurs diversités et leur enchainement. Des brumes et nuages augurant d’une pluie dans les régions de Rabat. Un tableau qui change au fur et à mesure qu’on passe de l’autre côté des chaînes de l’Atlas. L’on se trouve ainsi en plein désert, sous un ciel bien dégagé. La couleur beige domine désormais le paysage. Les seuls reliefs naturels sont des dunes mouvantes. Vers le coup de 10h05 mn, l’avion, un Boeing 737-800, atterrit à l’aéroport de Zagora. La piste de 3000 m sur 45m présente toutes les normes et standards internationaux en la matière. Les travaux engagés et qui sont très avancés augurent d’un service de qualité. L’aménagement d’une nouvelle aérogare, dans le cadre d’un projet de développement de l’aéroport de Zagora, touche à sa fin. Ce projet comprend une aérogare, une tour de contrôle et un bâtiment de sécurité incendie. Fermé depuis son inauguration en 2009, l’aéroport n’avait jamais vu atterrir un tel avion, avec autant de visiteurs. Toutes les mesures étaient prises pour en faire un événement, signe d’un grand besoin local de voir ce service vital devenir fonctionnel. Le sourire de bienvenue est bien dessiné sur tous les visages. L’opération est bel et bien passée. Tous les intervenants locaux veulent que ce ne soit pas la dernière fois. Le Forum international des oasis et de développement durable organisé du 28 novembre au 1er décembre a pris fin, mais la vie des gens a repris son cours normal. L’aéroport doit jouer son rôle de passerelle et de levier de développement. Les professionnels de tourisme, créneau sensible et porteur, le répètent sans cesse: sans aérien, le tourisme resterait toujours le parent pauvre des créneaux de développement, bien que les opportunités soient énormes. Ils proposent ainsi une formule adéquate qui sert le tourisme, et permettra le désenclavement de la région. Il s’agit de la formule « Week-end prolongé de Zagora ». De quoi s’agit-il ? Un avion fera le départ de Casablanca un vendredi soir, les visiteurs nationaux et internationaux, épris du désert et de dépaysement, auront bien une soirée chaleureuse en bivouac et à la belle étoile, puis l’occasion de prendre connaissance, le lendemain de tout le potentiel naturel, architectural, patrimonial de la cité. Un produit touristique à part, grâce à sa diversité notamment. Des casbahs, des ksours, des palmeraies à vue d’oiseau, des gravures rupestres, des dunes, de très belles galeries de bijoux. Ce n’est pas tout, car l’occasion sera propice pour découvrir une culture millénaire, reflet aussi d’un Maroc pluriel. L’on saura beaucoup sur les civilisations lors d’une visite à la grande bibliothèque Nacirya à Tamgrout. La vallée de Draâ est, en effet, le lieu où coexistent les Amazighs, les Arabes, les Sahraouis, les descendants des anciens Subsahariens venus au Maroc dans le cadre du commerce transsaharien. Les coutumes ancestrales ont déjà organisé et intégré cette coexistence en toute liberté dans la vie quotidienne. Les arts populaires l’attestent largement : Ahwach, Ahidous, Rokba, Gnaoua… une grande richesse artistique. Mais cette richesse culturelle côtoie une fragilité naturelle. Les changements climatiques et éco-systémiques ont impacté négativement le grand fleuve du Draâ, source de vie des riverains. Cette donne a imposé un nouveau comportement pour les populations. Le tourisme reste parmi les voies alternatives essentielles, d’où la nécessité de promouvoir aussi bien les oasis comme source de vie que le désert marocain, comme cadre féerique convoité par les visiteurs, d’où l’importance de cet aéroport. Fatigués après un week-end plein d’activités, les touristes de la région n’auront pas à parcourir 160 km pour atteindre le plus proche aéroport en passant par la difficile chaîne d’Aït Sawn, mais reprendront, le lundi très tôt le matin, l’avion du même aéroport, situé à 7 km du centre-ville. Ils ne seront pas seuls à bord, ils seront toujours accompagnés par les Zagouris qui devront faire le voyage pour affaires. Tout le monde y trouvera finalement son compte. Jeudi 5 Décembre 2013 Mustapha Elouizi